Ceux qui ne comprennent pas aujourd’hui les causes des émeutes sont amnésiques, aveugles ou les deux. En effet cela fait des années que les jeunes des quartiers populaires réclament justice / égalité des chances. Des années que des révoltes, des émeutes, des manifestations, des Marches, des réunions publiques, des cris de colère avec des revendications précises ont été formulés.
La cohésion sociale a été créé pour répondre à l’exclusion et à la misère sociale des quartiers dits défavorisés. Les élus passent avec leurs lots de promesses. Mais les quartiers populaires sert de défouloir pour des ministres, élus et médias en mal de petites phrases assassines sur les « zones de non-droit », « les parents irresponsables », la mafiatisation et autres « dérives islamistes ».
Les habitant(e)s des quartiers et notamment les jeunes sont stigmatisés et désignés comme responsables de toutes les dérives de notre société. Ca ne coûte pas cher de donner des leçons de civisme et de montrer du doigt les « racailles » ou les « sauvageons » en les jetant à la vindicte populaire. Et ça peut rapporter gros. Les quartiers populaires deviennent une problématique à part, dont on confie la gestion à la police et à la justice. Aujourd’hui, on nous présente ces « jeunes des quartiers populaires » (sous-entendu ces noirs et ces arabes) qui brûlent comme s’ils étaient des étrangers venus foutre le bordel.
Aujourd’hui disons STOP… Assez des crimes policiers impunis, assez des contrôles au faciès, assez des écoles poubelles, assez de chômage programmé, assez de logements insalubres, assez des prisons, assez d’humiliations ! Assez aussi des justices parallèles qui protègent les hommes politiques corrompus et qui condamnent systématiquement les plus faibles.
Ces cris là ont été ignorés ou étouffés. Comme sont toujours étouffées les souffrances silencieuses des millions de familles, d’hommes et de femmes, qui subissent au quotidien des violences sociales bien plus dévastatrices qu’une voiture qui brûle.
A travers les contrôles policiers abusifs, le gouvernement y répond par la punition collective et une loi d’exception qui donne les pleins pouvoirs à la police. On met le couvercle sur la marmite et cela marquera pendant longtemps les mémoires de nos quartiers.
Il n’y aura jamais de paix dans nos quartiers tant qu’il n’y aura pas de justice et de réelle égalité.
Pour cacher cette réalité et l’injustice criante au sein de notre société, les classes dirigeantes construisent des boucs-émissaires faciles : les rappeurs, les « noirs polygames » ou les « arabes islamistes ». Ils s’enfoncent ainsi chaque jour dans un racisme de plus en plus criant.
Constatant cela, la jeunesse est en droit de se poser la question : « Y a-t-il encore un avenir pour nous les jeunes issus des quartiers populaires ? »
Nous avons donc organisé un café-citoyen en date du 23 janvier 2009
En présence de :
Mohsin Mouedden, acteur ssociatif
Zoé Genot, députée fédérale Ecolo
Nadia El Yousfi, députée régionale PS
Moustapha El Karouni, député MR
Fatima Moussaoui, députée régionale CDH



































































